20.05.2008
Sauf que, parfois, c'est un cul de sac.
A priori, rien d'anormal dans ce pied droit.

Sauf que, depuis que je suis gamine, on m'a repété que les a-priori, c'est pour les nuls.
Je suis à l'instant même, après être passée sous une douche bouillante pour éliminer mes tracas, mes larmes de désespoir, et mes cris d'orfraie rapport que merde, quand même, pourquoi tout le monde il trouve chaussure à son pied, et pas moi, que quand même, j'en ai marre, d'abord, et j'ai envie de bouder.
Donc, je boude.
Oui. Parce que, toute contente de l'engouement que la spartiate a provoqué, je me suis dit que, finalement, là-haut, il doit bien avoir un être suprême qui veille au grain, et que donc, il a du se dire que, oui, Camille, elle a mérité grandement d'avoir la spartiate pour laquelle elle a tellement sué corps et âmes.
Oui, vous remarquerez que j'ai plusieurs âmes. Pas toutes vendues, en plus. Pas encore.
Toute guillerette que j'étais, en ce début d'après-midi frisquet (bordel à queue, c'est quand qu'il arrive l'été? Non, parce que, je veux bien, ça me donne une occasion de sortir le foulard-que-tout-le-monde-il-a, mais enfin, si je veux mettre la spartiate sans chaussettes, faudrait songer à alerter Sébastien Folin, un de ces jours), je me suis dit que j'allais, une fois de plus, rendre visite aux Promodeuses du coin.
Sans rire, la vendeuse, elle m'a reconnue. Elle m'a même dit qu'elles étaient arrivées.
Non, c'est pas vrai.
Enfin, si, elles étaient arrivées, mais en rêve qu'elle me reconnaissait. En même temps, tant mieux.
Donc, elles étaient arrivées.
Toutes belles, je dirais même toutes plus belles les unes que les autres. Chose quand même vraiment extraordinaire, puisqu'elles sont, à priori (bam, encore un), fabriquées sur le même moule.
Même, j'avais prévu, puisque j'étais sortie sans chaussette. Ni collant, ni rien. Enfin, des ballerines, quoi, j'en suis pas encore à fouler la terre promise le talon dévêtu.
Toute fébrile que j'étais, on aurait dit une gamine dans le rayon jouets de Carrefour, j'enfile la chaussure gauche. Merveille.
J'enfile la chaussure droite. Merv... Pourquoi que ça passe pas? POURQUOI QUE CA PASSE PAS? Mais BORDEL, pourquoi elle rentre pas, ma protubérance pédestre?
A ce stade-là, je suis déjà limite évanouie, à bord de l'apoplexie, quand une charmante hôtesse de vente s'approche de mon auguste personne.
Et me propose son aide.
Oui, me greffer un pied normal, merci.
En vérité, je lui sors mon plus joli sourire (et laissez-moi vous dire qu'il est pas piqué des vers à soie, celui-là, de sourire.), et je lui demande si elle voudrait pas me faire une fleur, et me vendre la spartiate droite en 38, et la gauche en 37.
Je vous rassure quand même, il s'est passé environ un seize minutes vingt-trois d'acharnement sur mon pied, avant qu'elle ne débarque. Quand même.
Et là, j'ai enfin compris ce qu'était un dialogue de sourdes. Un peu comme quand je questionne ma génitrice sur la durée de conservation d'un oeuf au frigo (parce que ça fait plus de vingt deux jours, et je m'interroge), et qu'elle me répond que le chat n'est pas rentré depuis trois semaines.
La conclusion, donc, c'est que non, il n'est vraiment pas possible de vendre deux chaussures différentes, même si une voleuse unijambiste du pied droit à sévit il y a quelques jours, et que la chaussure gauche se retrouve donc seule. Non, parce que la chaussure gauche 38 se retrouverait quant à elle en porte-à-faux de la chaussure, et ce serait un drame.
Et franchement, j'y ai songé, hein, d'acheter les deux paires. Mais finalement, je préfère aller m'acheter des BN à la vanille pour me consoler.
Et en trouver d'autres. Mais ça, ça sera pour, comme on dit, le prochain épisode.
19.05.2008
All ze ways guide to Sparte.
(la traduction? oui. Je sais. Mais je m'excuse d'avance, je passe mon CLES d'espagnol, pas d'anglais.)
Ca fait déjà deux semaines que je les ai repérées en boutique.
Pourquoi je suis entrée là-dedans, j'en sais rien, sûrement parce que, en fin de compte, à chaque fois que je passe devant, je me dis que ouais, c'est pas terrible, mais en même temps, ils se sont carrément améliorés, depuis le temps. Depuis le temps, en fin de compte, ça doit chercher dans le quart de siècle, à force, mais enfin.
Et j'entre.
Sauf que là, je les ai directement repérées en vitrine.
Telle une fleur dans un oasis. Ou une oasis, j'ai jamais vraiment su.
Ca m'a permis un arrêt, sur le trajet pour aller acheter de la nouille chinoise.
Sauf que, moi qui pensait en ressortir délestée de quelques euros, que nenni, ça serait trop simple. En même temps, dans un sens, tant mieux, parce que ça m'aurait forcée à porter le sac estampillé de la marque toute l'après-midi durant.
Forcément, si je mets deux mois et treize jours pour trouver UN combishort, je vais pas trouver DEUX chaussures du premier coup.
Alors, je suis ressortie.
Et je suis aller acheter mes nouilles. Délicieuses, merci.
Et je suis revenue. le lendemain. Et le surlendemain, aussi. Pas le troisième jour, j'étais en Ardèche.
Et puis, en rentrant, j'ai quitté ma Presqu'île, pour braver les interdits, et aller les chercher, là-bas, au centre commercial que même pas en rêve j'y vais d'habitude, tellement je le déteste.
Sauf que, comme on dit par-là bas, nécessité fait loi, et nécessité, ici, c'est la spartiate.

Celle-là même. Qu'on trouve aisément sur le site internet.
Sauf que j'ai pas envie de les acheter par internet, parce que, pour moi, internet, ça sert à acheter mes billets de train, parce que faut pas abuser, quand même, mais je retire aucune satisfaction ,en sortant de la SNCF avec mon billet, donc là, ça change rien.
Ouais, parce que si y'a un truc que j'aime pas, en fait, c'est de recevoir chez moi mon soulier.
J'aime le tâter, l'essayer, marcher avec dans la boutique, me regarder dans le miroir, qu'est toujours allongeant, donc ça fait toujours un contre-balanciement avec le mien, et ça, c'est chouette.
Sauf qu'au-dit centre commercial, y'avait pas. En revanche, du pingouin peuplatif, ça, y'a à foison là-bas.
Le lendemain, non plus. Mais toujours du pingouin.
Le jour suivant, en revanche, ma pointure était au magasin. Ma pointure, oui, certes, mais juste le pied gauche. Alors, je veux bien, ça porte bonheur de marcher dans de l'étron avec ce pied, mais l'autre, je vous le demande, j'en fais quoi?
Je lui mets un plâtre?
Donc voilà. depuis deux semaines, je peux faire le remake de la cultissime blague qui dit que le matin, je mange pas, je pense à elles, le midi, je mange pas, je pense à elles, le soir, je mange pas, je pense à elles, la nuit, je dors pas, j'ai faim.
Mais, comme le dit si bien ce monsieur qui fait de la pub pour une assurance verte, je l'aurais, un jour, je l'aurais, la spartiate.

Elle vient de Promod, by ze way, la spatiate. Ouais. Tout se perd.









