24.04.2008

Et toi, en septembre....?

J'ai mangé du sushi, allongée (ou presque, laissez-moi rêver) dans le jardin du Luxembourg, avec Emeline.
J'ai fait nonchalamment les boutiques, entre marais et rennais, entre flânerie et folle envie.
J'ai pris le métro passées 22heures, et ce, seule. Bon, presque seule, mais j'ai fini le trajet à pied seule. Ca compte.

Je me suis emmitouflée dans un plaid, glace à la main, devant la télé. *
Je me suis réveillée, les yeux ouverts sur les toits parisiens.
J'ai dû laisser passer trois RER avant de pouvoir monter dans un qui veuille bien de moi, de ma valise, de mon carton à dessin, et de mes rêves. Et par la suite, rester collée à des bras humains, et des visages pas forcément charmants.

J'ai fait ma chieuse, à vouloir absolument une salade avec du saumon fumé et du guacamole pour le déjeuner. Le guacamole a été remplacé, mais tant pis.
J'ai mis les pieds chez Colette, pour presque en ressortir avec un sachet de Haribo, mais vendus là bas, donc par pur concept.**

Tout ça, en trois jours. Oui, mais.
Le "mais", je suis sûre que tout le monde s'interroge dessus.

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MAIS tout ce que je fais d'habitude en trois, voire quatre jours pour les instants de grande générosité du temps, et bien, tout ça, je vais pouvoir mettre un an, voire deux, que dis-je, trois ou quatre à les faire.
Sans me presser, sans rien du tout.
Et surtout, surtout, je vais enfin pouvoir dire que, moi aussi, j'ai le Pass Navigo.

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*Oui, ça, j'aurais pu le faire à Lyon, je sais, mais le fait que la télé soit à Paris, que le canapé soit à Paris, et que la glace soit de Paris, c'est ça qui change la donne.
** Et puis, finalement, je me suis raisonnée : des Haribos parisiens, j'en aurais plein, dans quelques temps....

06.04.2008

Vis ma vie de serveuse trendy-hype...

    Y'a un truc qui est démentiel, dans mon nouveau boulot, c'est que je croise des gens supers drôles.
Et le mieux, c'est qu'ils sont drôles sans le vouloir. Finalement, c'est ce qui est drôle dans le truc.
Parce que, bon, admettons, Coluche, il était super drôle, mais en même temps, il faisait exprès de l'être. Alors, bon, ça ôte un truc au drôle, en fait.
Non, c'est pas tout à fait ça, je m'embrouille, là.

    Bref, les gens, donc, ils sont quand même un peu drôles.

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    Par exemple, ce monsieur, qui m'a regardée droit dans les yeux, à genre deux centimètres et demi, et qui m'a demandé un café.
Et c'est TOUT?!
Me dites pas quand même que, premier client de la journée, il ne va commander qu'un seul café?!
Si.

    Mais, attention, il l'a commandé très gentiment, puisqu'il m'a ensuite taillé une bavette en me disant que c'était si agréable, de boire un café comme ça, sur une terrasse, devant la mer.
Oui.
Je rappelle tout de même que je vis à Lyon, que je bosse à Lyon, et qu'à Lyon, sauf peut-être à l'ère primaire, sous la Pangée, ben y'a pas l'ombre de la mer, à Lyon.
Et en face de nous, y'a que l'ancienne bourse.
Soit.
    Au moins, il m'a foutu un sourire sur le visage pour trente secondes trois quart, le temps de retourner au bar, non sans manquer de renverser une fève de cacao au passage.

La déco est superbe, mais très emmerdante, quand on a un plateau à la main.


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    Mais le truc qui est sympa aussi, c'est quand il y a une famille qui arrive. Avec, bien sûr, des enfants.
J'ai pas précisé, mais je bosse dans un salon de thé relativement hype. Ladurée, vous connaissez? Bon, on va dire que c'est son équivalent lyonnais.
Ou presque.
Parce que, nous, on est sympas.
Je crois. Si, dites le, je suis sympa, hein? Un peu?

    Bref, qui dit salon de thé hype chic, cossu et boudoir mignon lounge, (cette énumération, c'est parce que j'ai pas réussi à me décider entre les adjectifs qualificatifs mais non épithètes), donc, dit clients argentées, ou au moins, un peu.
Et en général, ça découle de l'eau de source, enfant gatés.

    Moi, quand j'étais petite, j'aimais pas les macarons, je préférais les Mikados. Alors forcément, j'allais jamais dans ce genre de salon de thé. Et je suis sûre que mes parents, quand ils y allaient, ils nous faisaient garder, les bougres. Profiter ainsi des macarons sans leurs progénitures, je vous jure. Je vais appeler la DDASS.
On s'en fiche, macaron ou pas, MOI, j'étais bien elevée.

    Je vous assure que, garder le sourire vissé sur la face, quand une mini pouce de trente centimètres en pied vous assène que t'es nulle passe que t'as pus de gâteau spaghetti au marron, bon, là, c'est dur.
Le plus dur a été de me retenir de lui coller le plateau dans la tête, avec, tant qu'à faire, la tasse de chocolat chaud qu'elle a commandé exigée, avec force cris et roulades au sol, doublés de je vous aime plus si j'en ai pas.
Je me suis toutefois retenue, et j'ai mis du poivre dans son macaron.
    Bien fait.
(Si vous vous posez la question de savoir si un des adultes atablés avec la gamine a dit quelque chose, vous vous fourrez la main entière dans les globes occulaires, ils ont rien dit que une salade de fruits et une fondue siouplait.)

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    Et on fini la semaine avec un charmant petit épisode, parce que, c'était beau, c'était frais, c'était agréable, le monsieur qui, arrivant essoufflé, haletant, rouge, mais amoureux, nous a prié, siouplait, vous pouvez pas glisser cette bague dans un macaron, je voudrais demander ma mie en noces.
   
C'est bibi qu'à enfilé la bague, ça a pas été une partie de plaisir, je vous l'assure, heureusement, c'était pas une bague de rombière avec force quatre rangs de diamants, sinon, ça rentrait pas, n'empêche, j'ai assez bien géré l'affaire, et la fille, bien que très moche, la pauvrette, a vu son visage s'illuminer tel le Messie, en avalant son macaron.

J'ai presque pleuré.
Avant de me souvenir que le mariage, c'est nul.

Crédit photos :Mad Baker